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Elle n’est pas venue pour discourir, mais plutôt pour écouter. Car elle trouve que la jeunesse a aussi son mot à dire.
Vendredi 4 février, Rama Yade s’est rendue à l’école de la 2e chance (E2C) pour rencontrer et surtout recueillir les expériences de ces élèves qui ont décidé de relever la tête. Accueillie par Yves Jégo, Président de l’E2C, l’ex-secrétaire d’Etat et actuelle ambassadrice auprès de l’UNESCO a pris place autour de la table où une dizaine de “recrues” de l’E2C se tenaient prêtes à témoigner. “Je suis ulcérée par la manière dont on présente les jeunes Français dans les médias et, plus généralement, dans le débat public. Ces derniers temps, on a tendance à nous brosser le portrait de l’ado devant Internet cherchant à braver Hadopi et rêvant de célèbrité à travers les émissions de télé-réalité. Je trouve cela très réducteur et surtout très injuste. On parle en effet beaucoup moins de la jeunesse qui travaille, de celle qui étudie, qui recherche un emploi et qui rencontre des difficultés”. Rama Yade a planté le décor, la discussion peut alors commencer.
Témoignages
“J’ai quitté l’école en 2nde, pensant que j’allais trouver du travail sans trop de difficultés. Mais je me suis vite aperçue que sans diplôme ni expérience, j’étais comme face à un mur” confie Elisa, 21 ans. “Il a fallu que j’intègre l’E2C pour commencer à y voir plus clair. Ici, le suivi est personnalisé, ce qui permet à chacun d’élaborer un projet professionnel qui tienne la route. La preuve, cela fait maintenant deux ans que je suis auto-entrepreneur dans le domaine de la peinture de décor”. Une expérience qui rejoint celles de ses camarades de promo puisqu’elle commence par un décrochage scolaire. Cette réalité concerne chaque année 150 000 jeunes en France, d’où la nécessité d’instituer des structures comme l’Ecole de la 2e chance.
Espoir
Des témoignages précieux pour Rama Yade qui, depuis un an, met en place des groupes de travail composés d’élus et de représentants de la société civile. Les réflexions et propositions des jeunes sont alors consignées dans une sorte de cahier de doléances servant à nourrir le débat. “Quand on les écoute, on sent qu’ils ont beaucoup lutté avant d’arriver ici. Cet échange m’emplit d’espérance quant au rôle de “marche-pied” de cette école pour trouver sa voie. Enfin, je suis touchée de voir que, même si la vie n’a pas toujours été facile, ces jeunes continuent sans céder au découragement. Bravo, il faut garder ce cap.”











